Lieux

Des textes donnant à voir des montagnes et des mers, proches ou aux antipodes, mettant l’accent sur un aspect spécifique de la culture d’un territoire.


Hélène MALLET
Lettres de mon voyage en Orient | 1891
Egypte | Syrie | Turquie
Yolande VERNES-CROWE
Introduction, commentaires, iconographie
isbn 978-2-9700838-9-4

Version numérique du volume paru aux
Editions La Borie, Londres, 2010

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Eugène RAMBERT
Les plantes alpines
Suivi d’un tableau des plantes citées
isbn 978-2-9700838-2-5
disponible en Epub2

eugene_rambert_min Désormais en open access (epub)

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[…] Pendant ces jours nébuleux, au plus fort d’un hiver dont la rigueur est exceptionnelle, cette brillante flore des Alpes m’a poursuivi de son image; c’était comme une idée fixe, comme un de ces refrains qui durant des jours et des semaines, se chantent d’eux-mêmes dans la mémoire, et qu’on fredonne sans y songer. Au lieu de s’envoler comme tant d’autres, ce rêve tout composé de souvenirs est devenu de plus en plus clair et vivant; si bien que j’ai essayé de le saisir et de le fixer.

[…] A mesure que l’on monte, cette végétation cachée à l’abri de la forêt devient plus alpine. Au pied des troncs vermoulus, sur les talus du sentier ou dans les anfractuosités des blocs tombés des hauteurs, apparaissent bientôt plusieurs espèces de fleurettes de plus en plus étrangères à la plaine. Ici, c’est la Campanule naine, non celle qui étale sur nos murs ses longues tiges effilées et ses fleurs éparses, mais une toute petite campanule, dont chaque touffe est un bouquet, avec des rosaces de feuilles crénelées et d’innombrables tiges grêles et courtes, chargées de corolles délicates, qui sonnent à tous les vents; il suffit pour les mettre en branle qu’une mouche les effleure de l’aile ou qu’un insecte invisible se suspende à leur long pistil. Ailleurs, c’est la Mohringie qui émaille les mousses de ses mille fleurs sémillantes, toujours gaies et bien éveillées, et dont les pétales dessinent des croix en miniature à quatre rayons blancs. Quoiqu’elle descende avec l’Anémone Hépatique jusqu’à deux pas de la plaine, la Mohringie est une des plantes qui rappellent le plus vivement la montagne; elle aime à croître au bord des sentiers qui y conduisent, et elle en montre le chemin. On voudrait la cueillir; mais on ne sait comment en démêler les tiges entrelacées; elle fait corps avec la mousse, et il faut enlever tout le tapis où elle engage ses racines imperceptibles; c’est alors mieux qu’une plante, c’est un jardin, c’est un bosquet qui tiendrait sans peine dans les deux mains d’un enfant.